mercredi 1 août 2007

La Taille


Voici un vaste sujet. Je vais essayer de vous en parler en toute modestie et simplicité.

Si durant le siècle dernier le travail de l'élagueur consistait en des coupes arbitraires et irraisonnées qui mettaient souvent en péril l'arbre lui-même et son environnement, depuis quelques années la prise de conscience de ce danger, la réflexion et la recherche scientifique (avec notamment la mise à jour de la complexité physiologique de l'arbre) ont remodelé la conception du métier. Cette perception nouvelle de la profession marque le début d'une nouvelle ère: le sentiment pour l'homme de vivre avec l'arbre , un être vivant à part entière, qu'il se doit de respecter en tant que tel.


Ainsi, dans les années 80 la taille douce fait son apparition, tout comme le métier d'élagueur. Ces professionnels sont tenus de respecter la biologie de l'arbre durant les travaux. Il est alors conseillé de ne pas retirer plus d'un tiers de la masse foliaire de l'arbre. En restant dans cette fourchette, on dit alors que l'arbre se développera dans de bonnes conditions car allégé, aéré, . . .
Depuis quelques années, grâce à l'avancée de la recherche et à l'investissement de personnes comme le grand et regretté Alex SHIGO (le précurseur de tous les progrés) et bien d'autres, les mentalités (pas toutes malheureusement) ont évolué. Ce que l'on sait aujourd'hui, c'est qu'une branche coupée devient une plaie pour l'arbre. Celui-ci est alors contraint de puiser dans ses réserves(et donc de s'affaiblir) pour lancer son processus de"cicatrisation" (Dans notre jargon, on parle de compartimentation) car il ne guérit pas, il essaie au plus vite de refermer sa plaie pour empêcher les agents pathogènes (champignons lignivores ou insectes xylophages) de l'attaquer, de le fragiliser, et donc de le rendre dangereux.



La taille raisonnée est la taille qui répond à un objectif, un problème :Elle réfute donc les principes de la taille douce (citée précédemment). En effet, on taille seulement les branches nécessaires pour atteindre les objectifs, en respectant la physiologie de l'arbre (taille sur de petits diamètres, sur tire-sève satisfaisants. . .). Ces convictions et ces connaissances, garantes d'un savoir et d'un savoir-faire ont fait apparaître un nouveau terme : l'arboriste-grimpeur. Aujourd'hui trop d'élagueurs peu soucieux de prendre en compte ces évolutions, continuent de massacrer les arbres, et ce, au nom de la sécurité ou autres inepties pour s'imposer sur le marché du travail. . .


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